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2016 | 38ème Festival Les Hivernales


Edito


La relève ?



La chose la plus délicate lorsqu’on se propose de présenter des spectacles à un public est de se dire que l’on est passé à coté d’un artiste, un peu comme Les Goncourts avec Proust... Vous proposer d’assister à un festival, c’est donc une quête de tous les instants, qui demande d’être sur le qui-vive, réactif, prêt à suivre pour vous surprendre, vous contenter, vous déranger mais surtout vous tenir en éveil, face au monde…
Pour cette 38è édition, j’ai cherché à achever le cycle de la trentaine en invitant des artistes qui ont, peu ou prou, cet âge... Des chorégraphes, oui mais aussi des interprètes qui seront ensemble, là pour la première fois sur la scène des Hivernales. Tout un cycle autour des Garçons Sauvages imaginé par Camille Ollagnier qui viendra vous les présenter en quatre jours au Théâtre Golovine. Nans Martin qui donnera enfin au CDC la totalité de son cycle parcelles… des temps précieux pour apprécier ces nouvelles propositions.
De nouveaux talents ?

Non pas, car ils ont déjà réalisé de nombreuses pièces et donc ils ne sont pas, de ce point de vue, des artistes «émergents» mais si vous voulez mon avis, nous n’avons pas fini d’en entendre parler...

Alors, relève ?

C’est le pari, la part de risque dans une programmation ; se dire que tous ces artistes vont compter et je compte sur eux pour incarner la danse de demain.

J’ai toujours voulu proposer une programmation variée avec des artistes de la région qui côtoient ceux du reste du monde, opter pour des créations, des oeuvres nouvelles, fragiles pour avoir la chance d’être au commencement d’une nouvelle oeuvre en train de se construire…

Dans cette édition, des fidélités aux lauréats des HiverÔclites, notre plateau libre, mais aussi à William Petit, avec une carte blanche, à cet infatigable globe-trotter qui ramène, tels les écrivains-voyageurs, des nouveaux auteurs chorégraphiques qui travaillent partout dans le monde. Il nous propose de découvrir des artistes tunisiens, polonais, finlandais à travers des spectacles en solo ou en duo. J’ai voulu aussi présenter des artistes confirmés pour mettre en perspective l’audace de ces jeunes et nouveaux talents. Ne ratez pas Marie Chouinard, québécoise qui se frotte aux calligraphies d’Henri Michaux.

Un temps de la danse qui se déploie au-delà de la semaine historique des Hivernales avec le retour des HiverÔmomes que nous avons imaginés l’année dernière avec Liliane Dos Santos de l’Auditorium Jean Moulin au Thor comme un rendez-vous privilégié avec la jeunesse du département.

Et surtout, un petit nouveau dans cette constellation de temps chorégraphiques POLDER, une extension des Hivernales. Un nouvel espace-temps consacré à la réflexion et à la recherche où l’Ecole Supérieure d’Arts d’Avignon (ESAA), le Pavillon Bosio de Monaco, la Collection Lambert d’Avignon, le Théâtre la Luna (Avignon), L’L à Bruxelles… autant de partenaires engagés comme nous dans le nécessaire accompagnement de nouveaux artistes qui viendront à Avignon tenter des choses nouvelles, expérimenter avec et pour nous.

38 éditions, comme un souffle d’une décennie qui s’achève, des spectacles, des stages, des films, des expositions... Autant d’années riches et prolixes sur un territoire où le renouveau est possible. Une région qui laisse la place aux artistes de créer, de tenter de nouvelles expériences.

De tous ceux qui sont passés par Les Hivernales certains nous ont quittés, d’autres ont arrêté, plusieurs ont fait de grandes carrières, mais 38 ans de danse à Avignon ça compte et chaque jour qui passe, je sens la force de ce vécu et compte sur la relève...

Emmanuel Serafini | Directeur